5 papes totalement déjantés – Nota Bene #21


*musique d’intro* Chers camarades, bien le bonjour ! Aujourd’hui on va parler de papes, vous
savez ces mecs avec ces longues cape de superman, qui se déplacent en “papamobiles”
et qu’on laisse une vingtaine de jours au soleil une fois qu’ils ont passé l’arme à gauche… On désigne par le mot “pape” l’évêque
de Rome, successeur de Saint-Pierre et par conséquent chef de l’église catholique
romaine. Il est aussi un chef d’état, puisqu’il est à la tête du Vatican. Actuellement,
nous en sommes au 266e pape puisque l’évêque de Rome est François I, ayant succédé à
Benoit XVI en 2013. Et sur ces 266 papes, vous l’aurez compris,
certains se sont particulièrement illustrés dans l’Histoire par leur caractère ou
leurs actes, qui n’étaient pas vraiment compatible avec la fonction ô combien sacré que ces hommes exercent. Le pape Etienne VI est à l’origine
un ecclésiaste romain issu d’une famille religieuse, puisque son père était lui-même
prêtre. Il est nommé évêque de Anagni par le pape Formose. A la mort de ce dernier
en 896, et suite à une élection dont les circonstances sont assez floues, Etienne VI
récupère le trône de Saint-Pierre en devenant le 113e pape. En réalité, Etienne VI succède à Boniface
VI, qui lui même succède à Formose. Mais Boniface ne rêgne qu’une quinzaine de jours,
ce qui fait de son règne l’un des règnes les plus courts de l’histoire. Il n’a donc pas eu le temps
de faire grand chose, et comme si cela ne suffisait pas, son élection sera annulée
à titre posthume en 898 par le concile de Rome. Donc dans les faits, Boniface n’a été
qu’une petite parenthèse entre Formose et Etienne VI. Pour en revenir à Etienne VI, il
n’est pas spécialement connu pour sa piété, pour sa dévotion à Dieu ou encore pour son âme particulièrement
charitable… Comme Boniface VI il n’est n’est pas particulièrement connu pour son règne très long
puisqu’il n’a été pape qu’un an et demi… Non.En fait, il est surtout connu pour
avoir exhumer le fameux Formose et pour avoir collé un procès à son cadavre. Cet évènement, qui a eu lieu en janvier 897,
porte le nom de “synode cadavérique” ou de “concile cadavérique”. Durant ce
concile présidé par Etienne VI, une assemblée est convoquée pour juger des actes du pape
Formose, à qui on reproche d’avoir pêché par ambition. Pour l’occasion, le cadavre
du feu pape Formose est déterré et présenté devant l’assemblée. On l’a même habillé
avec la tenue pontificale. Pour comprendre la décision un peut étrange d’Etienne VI, parce que oui, c’est assez bizzare d’aller déterrer le cadavre du mec
l’a précédé et nommé évêque Je pense que connaitre un peut le contexte peut nous permettre d’y voir un peut plus clair. A cette époque, il existe une lutte pour
contrôler la papauté entre les carolingiens et les spolètains, ces derniers étant à
la tête d’un petit état au centre de l’Italie. Cette lutte autour de la papauté pour ces
deux familles est d’autant plus importante que c’est le pape qui couronne l’empereur
de l’empire romain d’occident, ancêtre du saint-empire romain germanique. Alors qu’il
existait depuis quelques années une alliance entre les spolètes et la papauté, le règne
de Formose y met un terme lorsque celui-ci couronne le carolingien Arnulf de Carinthie,
dont nous avons déjà parlé dans l’épisode sur les batards. La montée sur le trône
d’Etienne VI, qui est soutenue par les spolétains, permet à ces derniers de se venger : Etienne
VI est alors contraint par ses soutiens de faire un procès à son prédécesseur. Comme vous vous en doutez, Formose ne pouvant
pas vraiment se défendre puisqu’il est mort et re-mort, et donc le procès ne tourne vraiment à son avantage Bon, c’est pas tout à fait vrai, on lui
autorise un avocat commis d’office… Bref, Formose est dépouillé puis amputé
des trois doigts qui lui servaient jadis à bénir et vu qu’on a du respect pour les morts
et bien on confie son cadavre au peuple qui le jette dans le Tibre. Même dans la mort y’a pas moyen d’être
peinard, c’est bon à savoir… Pour autant, les choses ne se passent pas particulièrement
bien pour Etienne VI : puisque Formose était un pape apprécié et qu’une partie du peuple prend assez
mal le traitement qui lui est réservé. Quelques mois plus tard, des émeutes éclatent
et est Etienne VI finit par être déposé, incarcéré et étranglé en prison. Paix
et joie sur la terre. Partons désormais quelques années plus tard
pour aller à la rencontre de Serge III. Ce dernier est à l’origine issu d’une famille
noble romaine. Il devient évêque de Cerveteri, autrefois appelée Caere, en 893 par Formose.
Durant son épiscopat, il prend lui aussi part au conflit qui oppose les carolingiens
et les spolétains en soutenant ces derniers : Serge se pose alors fermement contre Formose
et il participe activement à son procès posthume. L’élection papale de Serge, qui a lieu en
898, ne se passe pas sans problème : s’il est effectivement élu, il n’est pas le
seul puisque Jean IX l’est aussi. Les spolétains préfèrent ce dernier au pauvre
Serge qui fini par être excommunié et obligé de retourner à Caere . En l’an 900, Jean IX décède. Lui succèdent
alors Benoit IV, puis Léon V en septembre 903, qui un mois plus tard est déposé de
force par Christophore, lequel se fait ensuite élire lui-même pape. Un beau bordel qui profite à Serge! La chance tourne pour notre protagoniste : en
effet, une figure montante de la vie romaine, Theophylacte de Tusculum, se révolte contre
Christophore puis le fait enfermer. Il demande alors à Serge, qui selon certaines sources
est son cousin, de revenir à Rome pour récupérer le trône de Saint-Pierre, ce que bien évidemment
il accepte. Il est consacré pape le 29 janvier 904, soit 6 ans après son élection. Avec Serge III commence une période de la
papauté que l’on appelle “pornocratie pontificale”. Rien de salace rassurez vous…enfin si en fait… Durant cette période, qui dure une cinquantaine
d’années, les papes sont les pantins de Théophylacte, qui assure le pouvoir sur
le saint-siège grâce à sa propre femme et à ses filles qui sont plutôt proche des politiques et religieux
de la région. Serge III succombe lui-même au charme de
l’une de ses filles, Marozia, alors que cette dernière n’est âgée que de quinze
ans. De leur union illégitime naitra un fils, dont la paternité n’est en fait pas certaine,
mais qui deviendra lui aussi pape plus tard, comme son père supposé. Serge n’est pas le premier ou le dernier pape a avoir
une liaison, et d’ailleur, il n’est pas vraiment connus
pour ça… par contre c’est un des seuls qui a légitimé
son fils. Mais ça non plus, ça n’est pas forcément pour ça qu’il est connu…non, en fait
c’est pour le traitement qu’il réserve à ses prédécesseurs. Comme Etienne VI, Serge III a manifestement
un problème avec les papes auxquels il a succédé : si Etienne VI a fait déterrer
un pape bel et bien mort, Serge III a plutôt le problème inverse : il aimerait bien que
ses deux prédécesseurs encore bien vivant, Léon V et Christophore, finissent 6 pieds
sous terre. Pour régler le problème, une
seule solution : Il les fait étrangler en prison. D’ailleurs même si on est pas sûr
que ça soit le bon Christophore qui soit assassiné, il finit tout de même par disparaître
de la circulation. On dit comment déjà ? Tu ne tueras point
c’est ça ? Allez continuons sur notre belle lancée avec
le descendant de Serge III et de Théophylacte, le petit-fils de Marozia, ancienne compagne
de notre pape commanditaire de meurtres : Octavien. Octavien devient pape sous le nom de Jean
XII à l’âge de 20 ans seulement à moins que ça soit 16, parce que niveau sources on sait pas très bien quand est-ce qu’il est né Son élection, qui a lieu en 955, est assurée
par son père qui fait pression sur la romaine noblesse Et le moins qu’on puisse dire c’est
que le règne de Jean XII est souvent considéré comme un des pires qui soit. Tout d’abord, il mène plus la vie d’un
guerrier que celle d’un ecclésiaste : il aime la chasse et mène une politique militaire
expansionniste, il aime la chair et ses plaisirs et il ne se prive pas de boire et de manger
excessivement lors des festins. Il ne parle également pas latin, ce qui est quasiment
obligatoire pour une carrière dans l’église romaine. Le gars il est donc hyper calé sur le job. Ensuite, par bien des actes, Jean XII scandalise
ses contemporains : il ordonne un diacre dans une étable, il fait prêtre un enfant de
dix ans, et il invoque parfois les vieux dieux romains, ce qui ne manque pas de passer pour
une hérésie. Si on sort du cadre religieux, la situation ne s’améliore pas : Jean XII
couche avec les femmes de ses rivaux comme avec celles de ses amis, il a même des relations
avec sa propre nièce et avec la compagne de son père. Pour rester dans le thème,
notons aussi qu’il aimait bien les orgies. Mais en même temps c’est chouette les orgies… Tient, on peut même rajouter qu’il fit
énucler celui qui lui donnait la confession et qu’il fit castrer un évèque. Un chouette
type ce Jean XII on vous le dit ! Le règne du pape se termine finalement au
bout de 9 ans. En effet, Jean XII est diplomatiquement et militairement allié à Otton I, fondateur
du saint-empire romain germanique, mais il finit par le trahir. Quand Otton s’en rend
compte, Jean XII essaye de lui remettre la faute sur les épaules. La noblesse romaine
prend le parti de Otton et se révolte contre le pape, Jean XII décide alors de fuir avec
le trésor papal. J’imagine tellement le mec en train de courir
avec des gros sacs d’or au mains Il est accusé de plusieurs maux parmi lesquels
figurent le meutre, l’inceste, l’achat et la vente de biens spirituels ou encore le
sacrilège ; il est donc excommunié puis déposé. Jean XII retourne alors à Rome
où il tente de faire invalider sa déposition. Il meurt finalement quelques jours plus tard:
selon les source, il aurait été frappé à mort par un mari cocufié ou il aurait
été victime d’une attaque durant des rapports sexuel pas très catholiques. La plupart de ces faits sont surtout relatés
par Liutprand de Crémone qui ne portait pas vraiment Jean XII dans son coeur, et on peut
se demander à quel point il a forcé le trait. Quoiqu’il en soit, Jean XII n’était pas
un saint, loin de là : si son règne a marqué à son époque, c’est sans doutes parce qu’il avait une
conception très personnelle et vacillante de la morale chrétienne *jingle* *jingle* 68 ans après la déposition de Jean XII se
tient l’élection du 145e pape, a l’issue de laquelle Théophylacte de Tusculum est
élu sous le nom de Benoit IX. alors oui, je vous voir venir, il s’agit
bien d’un théophylacte de tusculum, mais pas celui dont on a parlé avant. Celui dont
on parle ici est en fait l’un des descendant de l’autre Théophylacte, parce que les
mecs ont pas beaucoup d’imagination pour les prénoms. Théophylacte de tusculum, celui qui devient
pape en 1032 sous le nom Benoit IX et pas l’autre donc, est le fils du comte de tusculum
et le neveu des deux derniers papes reconnus, à savoir Benoit VIII et Jean XIX. Ainsi,
dans les faits, Benoit IX est le successeur de son oncle. Si on ne sait pas avec certitude
l’année de naissance de Benoit IX, ce dernier aurait été mineur au moment de son couronnement,
ce qui en fait l’un des plus jeunes papes de l’histoire avec Jean XII dont nous avons
précédemment parlé. Comme Jean XII, Benoit IX sera accusé par
ses contemporains d’adultère, de sacrilège ou de meurtre, mais c’est pas vraiment ça
qui doit retenir notre attention. Vous vous souvenez quand on disait que Jean XII a été
excommunié puis déposé, mais qu’il a tenté en vain de revenir? Et bah à Benoit
IX, il lui arrive aussi des bricoles et il se fait aussi excommunier et déposer. Sauf
que contrairement à Jean XII, il réussit à revenir. Plusieurs fois même. En effet, Benoit IX est connu pour avoir été
pape 3 fois : la première fois depuis son élection régulière en 1032 jusqu’en 1044,
date à laquelle il est chassé par le clan des stephani. Ces derniers font alors élire
en Janvier 1045 Sylvestre III, mais Benoit IX retourne à Rome et reprend le trône pontifical
7 semaines plus tard. Commence alors le 2e pontificat de Benoit IX, lequel prend fin
quelques mois plus tard lorsque le pape, pour des raisons qui ne sont pas claires, se démet
lui-même de ses fonctions papales pour laisser la place à son oncle, qui devient pape sous
le nom de Grégoire VI. Ce dernier ne fait pas long feu : il est forcé
d’abdiquer par l’empereur du Saint-Empire, qui intronise à la place l’un de ses protégés,
Clément II, qui ne fait pas long feu non plus, puisqu’il meurt moins d’un an plus
tard. La situation est alors anarchique, et le clan
Tusculum compte bien profiter de la situation : ils remettent en place Benoit IX sur le
trône, qui devient pape pour la 3e fois en 1047. Moins d’un an plus tard, Benoit IX
est de nouveau contraint de fuir et un nouveau pape est élu pour le remplacer : Damase II. Et on va continuer sur la même lancée des
papes qui meurent plus vite que leur ombre puisque ce dernier décède 23 jours seulement
après son élection. Il est alors remplacé par Léon IX et quand
ce dernier meurt en 1054, Benoit IX se demande si y’a pas moyen de revenir une 4e fois…
mais ce n’est pas concluant. Petit fun fact supplementaire, Benoit IX,
en plus d’avoir été pape 3 fois, est aussi le seul a avoir vendu le trône. Oui oui, vendu ! En effet, je ne l’ai pas mentionné mais
lorsqu’il abdique pour céder sa place à son oncle, il semblerait que ce soit contre
une large compensation financière. On peut donc dire que Grégoire VI lui a acheté le
trône. Tranquille… Faisons désormais un saut de près de cinq
siècles dans le futur pour aller à la rencontre de l’un des plus célèbres papes : alexandre
VI, aussi connu sous son nom de baptême : Rodrigo de borja, italianisé en Borgia. Rodrigo est un espagnol originaire de Valence,
ayant migré en Italie pour rejoindre son oncle et père adoptif, le pape Calixte III.
Alors qu’il n’a que 24 ans, Calixte le fait Cardinal, Camerlingue puis Vice-chancelier
de l’église, le propulsant alors dans les plus hautes sphères du pouvoir ecclesiastique.
En 1492, alors qu’il a 61 ans, il est élu pape par les deux-tiers des cardinaux présents
au conclave. Si aucune preuve de corruption ne nous est
parvenue, il semblerait que Rodrigo Borgia ait soudoyé ses pairs pour se faire élire. En tout cas c’est ceux qui étaient en compet
avec lui qui le dise… Quoiqu’il en soit, il est couronné le 11
aout 1492 et prend le nom d’Alexandre VI. Le règne pontifical de d’Alexandre VI est
parfois considéré, comme celui de Jean XII, comme le pire de l’histoire. En effet, bien
que prêtre, Alexandre VI est plutôt penché sur la chose : il a tout d’abord plusieurs
enfants avec une femme nommée Vanozza, puis plusieurs liaisons dont au moins une avec
une femme beaucoup plus jeune que lui, puisqu’alors qu’il a déjà 58 ans. Il met en effet enceinte
la femme d’Orso orsini, comte de Nola, alors qu’elle n’est âgée que de 15 ans. Et
c’est d’ailleurs sous le règne d’Alexandre VI qu’a lieu l’un des plus grands scandales
sexuels de la papauté. Le dernier jour d’octobre 1501, un banquet
est organisé dans le palais apostolique pour fêter le 3e mariage de sa fille Lucrèce. En plus des invités sont conviées 50 courtisanes
pas ou peu vêtues, et une sorte de concours est organisé : Celui qui aura le plus de
rapports avec ces courtisanes sera récompensé. Cette orgie improvisée se déroule d’ailleurs
en présence des enfants d’Alexandre VI. Bref, Je vous fais pas un dessin, mais ce
banquet n’est pas vraiment compatible avec le genre de banquet qui est censé avoir lieu
au vatican. L’existence de ces évènements, qui sont
relatés par Jean Burchar, est aujourd’hui remis en cause. Quoiqu’il en soit, Alexandre
VI n’a pas besoin de ça pour noircir le tableau : il est par certains de ses contemporains
accusé de meurtre ou de viol. Homme de pouvoir, il projette de régner sur toute l’Italie
: Pour avoir les finances nécessaires au maintien de l’armée de l’église, il
vend d’ailleurs des titres de cardinaux à de riches familles. On le soupçonne aussi
de faire tuer certains des dits cardinaux pour récupérer leurs biens puisque les biens
d’un cardinal reviennent de droit à l’église. Alexandre se sert également de ses enfants
pour assurer son pouvoir : il fait marier sa fille Lucrèce à plusieurs reprises à
des figures italiennes puissantes de l’époque. Il fait également de son fils César le cardinal
de Valence, avant que ce dernier ne décide de quitter les ordres pour prendre la tête
de l’armée pontificale. Le 6 aout 1503, Alexandre VI dine avec son
fils César chez un cardinal influent. Les deux Borgia sont alors pris de fièvre : si
César arrive à s’en remettre, ce n’est pas le cas d’Alexandre VI succombe 6 jours
plus tard à l’âge de 71 ans. Il existe deux hypothèses concernant sa mort
: selon la première, Alexandre VI serait mort de la malaria. Selon la seconde, il aurait
voulu éliminer le cardinal chez qui il dinait mais se serait empoisonné lui-même par mégarde. Quoiqu’il en soit, à sa mort, ses appartements
sont pillés et son règne laisse un amer souvenir auprès du peuple, de la noblesse
et du clergé. On aurait pu parler de plein d’autres papes,
puisque parmi les 266 que le monde ait connu, tous ne sont pas des saints. En tout cas,
j’espère que cet épisode vous a plus, partagez à fond si ça vous a fait sourire,
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sur Facebook et Twitter pour que l’on vive ensemble des aventures extraordinaires ! A
la prochaine pour un nouvel épisode !

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